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Gestion du temps

Quelles règles s’appliquent au travail de nuit en entreprise ?

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19 minutes de lecture
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Le travail de nuit est un régime d’exception, toléré par le droit du travail uniquement quand il répond à un besoin réel, et souvent mal compris par ceux qui y sont confrontés. Beaucoup l’associent à une simple majoration de salaire ou à une organisation plus “souple”. En pratique, c’est surtout un cadre juridique strict, avec des contreparties obligatoires, des limites précises et des impacts concrets sur la santé. Dans ce contexte, la gestion des équipes devient un enjeu central pour éviter les erreurs de planning et les non-conformités.

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Qu’est-ce que le travail de nuit ?

Le travail de nuit correspond à toute heure travaillée entre 21 h et 6 h, mais cette définition ne suffit pas à comprendre ses effets concrets. En droit du travail, il s’agit d’un régime dérogatoire, autorisé uniquement lorsqu’il est justifié par l’activité de l’entreprise. Ce n’est donc ni un simple aménagement d’horaires, ni un levier automatique de salaire.

Dès lors qu’un salarié effectue des heures sur cette plage, des règles spécifiques s’appliquent : durée maximale de 8 heures consécutives, repos quotidien obligatoire de 11 heures, suivi médical renforcé et contreparties prévues par accord collectif (prime travail de nuit, repos, ou majoration heure de nuit).
En revanche, le SMIC heure de nuit et le taux horaire de nuit ne sont pas majorés par la loi : tout dépend de la convention collective et du statut du salarié.

Certains secteurs bénéficient de dérogations précises (spectacle, discothèques), avec une définition différente des heures nocturnes. Comprendre ce cadre est indispensable avant de parler de travail de nuit

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Les droits des travailleurs de nuit

Les salariés qui travaillent de nuit bénéficient de droits spécifiques prévus par la législation française. En plus du salaire majoré, plusieurs garanties existent pour protéger leur santé et leur bien-être.

  • Majoration salariale en fonction des conventions collectives
  • Suivi médical : Tous les travailleurs de nuit doivent bénéficier d’un suivi médical renforcé, avec une visite obligatoire avant de commencer et des visites régulières au moins une fois par an.
  • Adaptation des conditions de travail : L’employeur doit prendre toutes les mesures de protection nécessaires pour assurer la sécurité des travailleurs de nuit et limiter les risques.

Exemple pratique : Un employé dans l’industrie qui effectue régulièrement des heures de nuit peut bénéficier d’une majoration salariale de 20% ainsi que que de jours de repos compensateurs supplémentaires après une semaine complète de travail nocturne.

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Comment calculer les heures de nuit ?

Les heures de nuit sont calculées sur la période allant de 21h à 6h. Toute heure effectuée durant cette tranche horaire est considérée comme du travail de nuit, ce qui ouvre droit à une compensation spéciale. Les heures de nuit doivent être exceptionnelles et limitées dans le temps pour protéger la santé des salariés.

Dans certains secteurs, des dérogations existent permettant d’étendre la durée du travail de nuit à 12 heures, mais cela reste rare et très encadré par des accords collectifs.

D’où l’intérêt d’un outil de contrôle des horaires capable de distinguer automatiquement heures de jour, heures de nuit et temps d’intervention.

Astreinte de nuit : est-ce du travail de nuit ?

L’astreinte et le travail de nuit sont deux notions juridiquement distinctes. Pendant une astreinte, le salarié reste joignable mais peut vaquer à ses occupations personnelles : ce temps d’attente n’est pas du travail effectif.

Seules les heures d’intervention pendant l’astreinte sont comptabilisées comme du travail de nuit si elles ont lieu entre 21 heures et 6 heures. Elles ouvrent alors droit aux majorations et repos compensateurs prévus par la convention collective.

L’astreinte elle-même doit faire l’objet d’une compensation distincte (prime forfaitaire ou repos), indépendamment de la rémunération des interventions.

Par exemple, un technicien d’astreinte de 22 heures à 6 heures perçoit une prime d’astreinte de 50 €. S’il intervient 2 heures à 3 heures du matin, ces 2 heures sont rémunérées en heures de nuit majorées, en plus de sa prime d’astreinte.

Le recours au travail de nuit est strictement encadré par les articles L. 3122-2 et L. 3122-3 du Code du travail et ne peut être mis en place que s’il est justifié par la continuité de l’activité économique ou d’un service d’utilité sociale, tout en garantissant la protection de la santé et de la sécurité des salariés. Il doit être prévu par un accord collectif d’entreprise ou de branche, qui fixe les règles applicables. À défaut d’accord, l’employeur ne peut y recourir qu’après avoir mené une négociation effective avec les représentants du personnel, consulté le CSE lorsqu’il existe, et obtenu l’autorisation de l’inspecteur du travail, réputée accordée en l’absence de réponse dans un délai de 30 jours.

L’accord ou la demande d’autorisation doit préciser les motifs précis du travail de nuit, la définition du créneau nocturne, les contreparties accordées aux salariés (repos compensateur, éventuelles majorations), les mesures de prévention des risques, les modalités de conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle, ainsi que les actions garantissant l’égalité professionnelle, notamment l’accès à la formation. L’employeur est également tenu d’organiser un suivi médical renforcé, avec une évaluation préalable de l’aptitude au travail de nuit et des visites périodiques adaptées.

La durée du travail de nuit est limitée à 8 heures consécutives, sauf dérogation encadrée, et la durée hebdomadaire ne peut en principe excéder 40 heures en moyenne sur 12 semaines, avec une tolérance possible jusqu’à 44 heures sous conditions strictes. Le travail de nuit est interdit aux mineurs, y compris aux apprentis, en dehors de rares dérogations. Enfin, le passage d’un horaire de jour à un horaire de nuit constitue une modification du contrat de travail, qui nécessite l’accord exprès du salarié.

Le travail de nuit pour les jeunes travailleurs (y compris les apprentis) de moins de 18 ans est totalement interdit. Il ne pourront en aucun cas travailler durant ces horaires :

  • Entre 20 heures et 6 heures pour les jeunes de moins de 16 ans.
  • Entre 22 heures et 6 heures pour les adolescents de 16 à 18 ans.

En général, les employeurs ne peuvent pas non plus obliger leurs salariés qui travaillent la nuit à effectuer plus de 40 h par semaine. Sous certaines conditions, les salariés peuvent effectuer jusqu’à 44 h en moyenne sur une période de 12 semaines consécutives.

EXEMPLE : Si un collaborateur travaille 48 heures hebdomadaires pendant 6 semaines d’affilée, puis 40 heures les 6 semaines suivantes, il aura alors travaillé en moyenne 44 heures hebdomadaires sur la période de 12 semaines consécutives. Son temps de travail ne dépasse donc pas les durées maximales hebdomadaires de travail autorisées.

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Quel est l’impact du travail de nuit sur la santé ?

Le travail de nuit peut avoir des répercussions importantes sur la santé des travailleurs. Le dérèglement des cycles circadiens (l’horloge interne du corps) peut entraîner des troubles du sommeil, une fatigue chronique, voire des risques accrus de maladies cardiovasculaires.

Voici les principaux effets du travail de nuit sur la santé :

  • Troubles du sommeil : Le travail de nuit perturbe le rythme naturel du corps, ce qui peut entraîner des insomnies et une mauvaise qualité de sommeil.
  • Fatigue chronique : En raison du manque de sommeil réparateur, les travailleurs de nuit sont plus sujets à la fatigue, ce qui affecte leur performance et augmente le risque d’accidents.
  • Problèmes cardiovasculaires : Plusieurs études ont montré que les travailleurs de nuit sont plus susceptibles de développer des maladies cardiaques et de l’hypertension.

Le travail de nuit et le Compte Professionnel de Prévention (C2P)

Le travail de nuit est reconnu comme un facteur de pénibilité par la législation française. À ce titre, les travailleurs de nuit peuvent accumuler des points sur leur Compte Professionnel de Prévention (C2P), un dispositif destiné à compenser les effets de conditions de travail difficiles sur la santé.

Qui est concerné par le C2P pour le travail de nuit ?

Pour bénéficier de points au titre du travail de nuit, le salarié doit remplir une condition précise : effectuer au moins 120 nuits par an comportant au moins une heure de travail entre minuit et 5 heures du matin.

Sont concernés :

  • Les salariés du secteur privé affiliés au régime général de la Sécurité sociale.
  • Les salariés en CDI ou en CDD, quelle que soit la durée du contrat.
  • Les intérimaires exposés au travail de nuit.

À NOTER : Les salariés du secteur public, les travailleurs indépendants et les employés de particuliers ne sont pas éligibles au C2P.

Comment les points C2P sont-ils acquis ?

L’acquisition des points dépend de l’exposition du salarié aux facteurs de pénibilité :

  • 4 points par an si le salarié est exposé uniquement au travail de nuit (mono-exposition).
  • 8 points par an si le salarié cumule le travail de nuit avec un autre facteur de pénibilité (travail en équipes successives alternantes, travail répétitif, etc.)

Le compte est plafonné à 100 points sur l’ensemble de la carrière. Les 20 premiers points acquis sont obligatoirement réservés à la formation professionnelle.

À quoi servent les points C2P ?

Les points accumulés peuvent être utilisés de trois façons :

  • Formation professionnelle : 1 point = 500 € de financement pour une formation permettant d’accéder à un poste moins exposé aux facteurs de pénibilité.
  • Passage à temps partiel : 10 points = 1 trimestre de travail à mi-temps sans perte de salaire. Le salarié conserve sa rémunération intégrale tout en réduisant son temps de travail.
  • Départ anticipé à la retraite : 10 points = 1 trimestre de majoration de durée d’assurance, dans la limite de 8 trimestres (soit un départ anticipé de 2 ans maximum).

Par exemple, un salarié travaillant exclusivement de nuit pendant 10 ans accumule 40 points C2P. Après avoir utilisé ses 20 premiers points pour une formation, il peut convertir ses 20 points restants en 2 trimestres de retraite anticipée ou en 2 trimestres de temps partiel payé à taux plein.

Quelles sont les obligations de l’employeur ?

L’employeur a l’obligation de déclarer l’exposition de ses salariés au travail de nuit via la Déclaration Sociale Nominative (DSN). Cette déclaration doit être effectuée chaque année, au plus tard en janvier de l’année suivante.

En cas de manquement à cette obligation, l’employeur s’expose à des sanctions et le salarié peut contester l’absence de déclaration auprès de la CARSAT (Caisse d’Assurance Retraite et de la Santé au Travail).

A noter, le salarié peut consulter son compte C2P à tout moment sur le site officiel www.compteprofessionnelprevention.fr pour vérifier le nombre de points acquis et simuler leur utilisation.

Les secteurs qui nécessitent le travail de nuit

Le travail de nuit est indispensable dans certains secteurs d’activité. On retrouve principalement :

  • La santé : Infirmiers, médecins et autres personnels soignants travaillent régulièrement la nuit pour assurer une continuité des soins.
  • Le transport et la logistique : Les conducteurs de poids lourds, les agents de fret et les employés de la logistique sont également des profils habituels du travail nocturne.
  • L’industrie : Certaines usines fonctionnant 24/7 demandent aux ouvriers de travailler de nuit pour maintenir la production.

À NOTER : Dans le secteur hospitalier, le personnel soignant effectue régulièrement des heures de nuit pour assurer la continuité des soins. Par exemple, un infirmier travaillant dans un hôpital peut bénéficier d’une prime de nuit de 20% de son salaire horaire et, après plusieurs nuits consécutives, il a droit à des jours de repos supplémentaires pour compenser la fatigue accumulée.

Comment sont payées les heures de nuit ?

Les heures de nuit ne sont pas automatiquement mieux payées par la loi. Leur rémunération dépend presque entièrement de la convention collective ou d’un accord d’entreprise. Certaines prévoient une majoration, d’autres uniquement un repos compensateur.

Un salarié est généralement reconnu comme travailleur de nuit lorsqu’il effectue au moins 3 heures de nuit, deux fois par semaine, ou 270 heures sur 12 mois en l’absence d’accord spécifique. Des majorations plus élevées peuvent s’appliquer lorsque le travail de nuit est demandé de manière exceptionnelle ou tardive par l’employeur.

Une gestion de la paie en ligne permet de fiabiliser ces calculs et d’éviter les erreurs qui peuvent coûter cher en cas de contrôle ou de litige.

Majoration des heures de nuit

L’employeur n’a aucune obligation de majorer les heures de nuit puisque la loi ne prévoit pas de rémunération supplémentaire. Par contre, la rémunération des heures nocturnes est prévue par un accord collectif ou une convention collective applicable en fonction de l’entreprise.

Il est donc possible que certaines entreprises ne prévoient pas de majoration, mais uniquement un repos compensateur, qui est la seule contrepartie obligatoire. D’autres prévoient une majoration pouvant aller jusqu’à 100 %.

En fonction du calcul du temps de travail, la majoration de paiement va varier :

  • 10% pour les heures de travail comprises entre 21H et 22H ou entre 5H et 6H du matin.
  • 30% pour celles habituellement effectuées entre 22H et 5H du matin.
  • 60% pour des heures de nuit occasionelles ou exceptionnelles.

Exemple de calcul de majoration

La convention collective des travailleurs du secteur de la poissonnerie prévoit un salaire de nuit majoré de 20% pour les travailleurs de nuit.

Celle-ci est calculée à partir de la rémunération d’un salarié de catégorie et coefficient équivalents travaillant le jour, sur la base des heures effectuées entre 21 h et 5 h.

Travail habituel

« Pour tous les salariés, majoration de 20 %, calculée sur la rémunération d’un salarié de même catégorie et coefficient travaillant le jour, pour les heures effectuées entre 22 h et 5 h. Majoration supprimée par accord du 12-1-2006 non étendu ».

Travail occasionnel

« Pour les salariés travaillant occasionnellement de nuit entre 22 h [21 h] et 5 h, majoration de 25 %, portée à 40 % si le travail en horaire nocturne occasionnel est demandé par l’employeur le jour même [la veille de l’exécution] ».

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Convention collective 51 et heure de nuit

Grâce à la convention collective nationale des établissements privés de 1951, l’ancienneté du salarié est pris en compte lors de la revalorisation des salaires, qui augmentent de 1 % tous les ans.

Les salariés en temps complet et partiels peuvent  bénéficier de cette prime d’ancienneté. La CCN51 prévoit également la distribution de primes pour le travail de nuit, le dimanche ou lors des jours fériés. Ces indemnités sont inscrites dans la convention collective 51.

Ainsi, un salarié qui exerce sa fonction :

  • Plus de 5 heures, entre 21 h et 6 h du matin, percevra une indemnité de 1,03 points.
  • Nuit entière, il touchera une indemnité de 1,68 points.
  • 8 heures consécutives, le dimanche où un jour férié est indemnisé de 12,32 points.

Quel est le montant du SMIC de nuit ?

Il n’existe pas de SMIC de nuit. Ainsi, les heures de nuit sont calculées sur la base du SMIC même si certaines entreprises prévoient une compensation salariale selon l’accord collectif.

En 2024, le SMIC net atteint 1 398,69 euros par mois pour 35 heures par semaine. En brut, il est de 1 766,92 euros.

Le SMIC horaire brut est de 11,65 euros. Il est toutefois important de préciser qu’il s’agit ici d’un chiffre indicatif. Les cotisations sociales qui sont retenues sur le SMIC horaire peuvent varier selon la fiche de paie.

Le taux horaire du SMIC est défini chaque année par le gouvernement. Ce sont les salariés qui travaillent à temps partiel qui toucheront ce taux horaire au lieu du SMIC mensuel basé sur les 35 heures.

Comment sont payées les heures supplémentaires de nuit ?

Le travail de nuit a un impact direct sur le salaire, notamment lorsque le salarié effectue des heures supplémentaires pendant la période nocturne.

Pour rappel, une heure supplémentaire correspond à toute heure effectuée au-delà des 35 heures hebdomadaires ou des 1 607 heures annuelles. La loi prévoit un plafond de 220 heures supplémentaires par an et par salarié, sauf dispositions conventionnelles différentes. Au-delà, un repos compensateur obligatoire s’applique.

Quelle majoration pour les heures supplémentaires de nuit ?

Les heures supplémentaires réalisées entre 21 heures et 6 heures du matin cumulent deux types de majorations :

  • La majoration pour heures supplémentaires (25 % ou 50 % selon le rang).
  • La majoration pour travail de nuit prévue par la convention collective.

Dans certains secteurs, ce cumul peut atteindre 75 % de majoration, contre 25 à 50 % pour des heures supplémentaires de jour.

Un salarié payé 15 € brut de l’heure effectue 2 heures supplémentaires de nuit. Avec une majoration cumulée de 75 %, son taux horaire passe à 26,25 € brut pour ces heures, soit un gain de 52,50 € au lieu de 30 €.

Toutefois, le taux de majoration peut varier selon la convention collective applicable. Certaines prévoient des taux inférieurs, mais la majoration ne peut jamais être inférieure à 10 % pour la part « heures supplémentaires ».

👉 Pour plus d’informations sur les heures supplémentaires, c’est ici

Un employeur peut-il contraindre un employé à passer d’un travail de jour à un travail de nuit ?

Non, vil ne peut pas obliger un salarié de travailler la nuit. En réalité, le passage à un horaire de nuit représente une modification fondamentale du contrat de travail. Il nécessite alors le consentement du salarié, même si son contrat initial stipule qu’il accepte de travailler à la fois de jour et de nuit.

L’employeur doit faire sa proposition au salarié par lettre recommandée avec accusé de réception. Le salarié a un mois pour donner sa réponse. Bien entendu, le salarié peut refuser de travailler la nuit dans certaines circonstances, notamment en cas d’obligations familiales impérieuses, telles que la garde d’enfants ou la prise en charge d’une personne dépendante.

Le refus du salarié de travailler la nuit ne peut en aucun cas être considéré comme une faute professionnelle. Dans ce cas, l’employeur a deux options : annuler la proposition de modification du contrat de travail ou entamer une procédure de licenciement. Cette démarche garantit à la fois les droits du salarié et les obligations de l’employeur, en respectant les conditions légales entourant le travail de nuit.

Comment passer d’un travail de nuit à un travail de jour ?

Les travailleurs de nuit qui veulent récupérer un poste de jour ont la priorité pour obtenir un emploi dans leur catégorie professionnelle ou équivalent. L’employeur doit leur fournir la liste des postes disponibles.

Un travailleur de nuit peut être réaffecté à un poste de jour à la hauteur de ses qualifications, de manière définitive ou temporaire, dans les cas suivants :

  1. Obligations familiales impérieuses incompatibles avec le travail de nuit (comme la garde d’un enfant ou la prise en charge d’une personne dépendante).
  2. Problèmes de santé, attestés par le médecin du travail, qui rendent impossible le travail de nuit.

POINT IMPORTANT : Sauf en cas d’impossibilité justifiée par écrit de proposer un poste de jour correspondant à la qualification du salarié ou en cas de refus du salarié d’une offre de poste de jour correspondant à sa qualification et sa rémunération, l’employeur ne peut pas rompre le contrat de travail du travailleur de nuit en raison de son inaptitude médicale au poste.

Une salariée enceinte peut demander ou se voir recommander par le médecin du travail d’être mise à nouveau à un poste de jour pendant sa grossesse et jusqu’à la fin du congé post-natal.

Conclusion

Le travail de nuit est une réalité pour de nombreux secteurs essentiels, mais il doit être utilisé avec précaution. La législation française prévoit des protections spécifiques pour les travailleurs de nuit, qu’il s’agisse de la majoration salariale, des jours de repos compensateur, ou encore du suivi médical renforcé.

Bien que nécessaire dans certains domaines, il est important que les employeurs veillent à limiter ses effets négatifs sur la santé et à respecter les règles strictes qui encadrent ce type de travail

FAQ sur le travail de nuit

Quel temps de pause pour le travailleur de nuit ?

Pour un travail nocturne d’une durée de 6 heures effectives, le temps de pause est au moins 20 minutes. Il est rémunéré sur la base du taux horaire sans majoration.

Comment est payé un dimanche travaillé de nuit ?

La législation française prévoit une majoration de salaire pour les heures travaillées le dimanche, sauf si des accords collectifs prévoient des compensations spécifiques. La majoration de salaire pour le travail dominical est généralement fixée à 25%. Les salariés qui travaillent le dimanche bénéficient donc d’une augmentation de leur taux horaire, calculée à partir du salaire de base.

Qu’est-ce qu’une prime de nuit ?

Les travailleurs de nuit bénéficient d’une prime de nuit en compensation des conditions de travail particulières liées aux horaires nocturnes. Elle varie en fonction des conventions collectives et du secteur d’activité, mais elle est généralement comprise entre 10% et 30% du salaire horaire de base. Cette prime vise à reconnaître les effets du travail nocturne sur le bien-être des salariés, notamment en matière de fatigue et de déséquilibre du rythme de vie.

Le travail de nuit donne-t-il droit à un refus pour raisons personnelles ?

Oui, mais uniquement dans des cas précis. Le travail de nuit ne peut pas être imposé unilatéralement lorsqu’il constitue une modification du contrat de travail. Un salarié peut refuser de passer à un horaire nocturne pour des obligations familiales impérieuses (garde d’enfant, assistance à un proche dépendant) ou pour des raisons de santé constatées par le médecin du travail. Ce refus ne peut pas être sanctionné disciplinement. En revanche, si le travail de nuit est déjà prévu contractuellement ou encadré par un accord collectif applicable, la marge de refus est plus limitée.

Le travail de nuit a-t-il un impact sur les congés et les jours fériés ?

Le travail de nuit n’ouvre pas automatiquement droit à plus de congés payés. En revanche, certaines conventions collectives prévoient des jours de repos compensateurs supplémentaires lorsque les nuits sont régulières ou effectuées sur une longue période. Concernant les jours fériés travaillés de nuit, la rémunération dépend là encore de l’accord collectif : majoration spécifique, repos équivalent ou cumul avec la prime de nuit. Sans disposition conventionnelle, aucune majoration n’est imposée par la loi, même si le travail a lieu de nuit ou un jour férié.

Oumaima est une experte de l'analyse de données mais pas que. Au sein de l'équipe de content marketing, elle prête parfois sa plume pour rédiger des articles informatifs, utiles et pratiques pour les RH.

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