Aller au contenu
Finances et comptabilité

Tout savoir sur la prime d’assiduité

·
11 minutes de lecture
Besoin d‘aide pour optimiser votre gestion financière?
Le logiciel SIRH paie qui simplifie la gestion de vos variables de paie Découvrez Factorial
Article rédigé par


L’absentéisme n’est jamais neutre pour une entreprise. Il désorganise les équipes, alourdit les coûts et fragilise la continuité de l’activité. Pour y faire face, certaines structures choisissent d’instaurer une prime d’assiduité, un dispositif censé encourager la présence et la régularité au travail.

Derrière cette prime de présence se cachent pourtant des règles précises, souvent mal maîtrisées. Conditions de mise en place, critères de calcul, absences prises en compte, égalité de traitement, régime social et fiscal : une prime d’assiduité mal encadrée peut rapidement devenir source de litiges ou d’erreurs en paie.

Voici son cadre juridique, ses modalités de calcul et ses limites, afin de vous permettre de l’utiliser efficacement sans prendre de risques inutiles.

Un logiciel comme Factorial permet justement de centraliser les règles d’attribution, de fiabiliser le calcul des variables de paie et d’éviter les erreurs dès la mise en place.

Qu’est-ce qu’une prime d’assiduité ?

La prime d’assiduité, aussi appelée prime de présence, est un élément de rémunération destiné à valoriser la présence effective des salariés et à limiter les absences injustifiées. Elle repose sur une logique incitative, distincte du salaire de base, et n’entre pas dans le calcul du salaire minimum légal ou conventionnel.

Son versement n’est jamais automatique. Il dépend de règles définies par l’employeur, généralement prévues dans le contrat de travail, un accord collectif ou une convention collective. Ces règles fixent notamment la période de référence, les absences prises en compte et les conditions de minoration ou de suppression.

En pratique, la prime d’assiduité peut être réduite, voire supprimée, en cas d’absences répétées, à condition que les critères appliqués soient objectifs, transparents et identiques pour tous les salariés concernés. Mal encadrée, elle peut toutefois devenir source de contestation ou de risque juridique.

La prime d’assiduité est-elle obligatoire ?

La prime d’assiduité n’est pas obligatoire. Aucun cadre légal, ou le Code du travail, impose comme obligation à l’employeur la mise en œuvre et le versement d’une telle récompense.

Si une société souhaite l’instaurer, elle peut être imposée par d’autres textes comme :

  • Le contrat de travail ;
  • La convention collective ;
  • Un accord collectif ;
  • Un engagement unilatéral de l’employeur.

La prime d’assiduité peut également être exigée lorsqu’elle résulte d’un usage de l’entreprise.

Comme son nom l’indique, la prime d’assiduité dépend du taux de présence du salarié. Si ce dernier est bien trop souvent absent, elle peut être supprimée. Attention, la condition est que cette confiscation repose sur des critères objectifs et prouvés.

La prime d’assiduité doit figurer de manière distincte sur le bulletin de salaire.

Pourquoi la mettre en place ?

La prime d’assiduité répond avant tout à un objectif d’organisation. En liant une partie de la rémunération à la présence effective, l’employeur cherche à sécuriser la continuité de l’activité et à limiter les déséquilibres liés aux absences répétées.

Elle constitue également un levier de responsabilisation individuelle. En rendant visibles les conséquences des absences sur la rémunération, la prime incite les salariés à arbitrer différemment entre présence et absentéisme, en particulier dans les secteurs où chaque poste non pourvu a un impact direct sur la production ou le service.

Dans les environnements soumis à de fortes contraintes opérationnelles, comme la restauration, l’industrie ou les fonctions à responsabilité, la prime d’assiduité permet de stabiliser les équipes et de réduire les tensions liées aux remplacements de dernière minute. Elle agit alors moins comme une récompense que comme un outil de régulation collective.

Dans ce contexte, une bonne gestion des équipes permet d’anticiper les déséquilibres liés aux absences et d’adapter l’organisation sans désorganiser le collectif.

Enfin, lorsqu’elle est intégrée de manière cohérente dans la politique de rémunération, la prime d’assiduité peut renforcer l’attractivité de l’entreprise. Elle valorise l’engagement quotidien des salariés et représente un complément de revenu appréciable, notamment dans les métiers aux grilles salariales limitées.

Prime d’assiduité : comment mesurer son efficacité réelle

Mettre en place une prime d’assiduité n’a de sens que si son impact est mesurable dans le temps. Sans indicateurs précis, elle devient un coût supplémentaire sans garantie de résultat sur l’absentéisme ou l’engagement des salariés.

Le premier indicateur à suivre est l’évolution du taux d’absentéisme avant et après l’instauration de la prime. Une baisse ponctuelle peut être trompeuse si elle s’accompagne d’arrêts plus longs ou plus fréquents sur les périodes suivantes. Il est donc essentiel d’analyser également la durée moyenne des absences et leur répartition dans l’année.

D’autres signaux doivent alerter l’employeur, comme une hausse du présentéisme, une dégradation du climat social ou une augmentation du turnover. Une prime d’assiduité mal pilotée peut déplacer le problème plutôt que le résoudre, en incitant les salariés à venir travailler coûte que coûte sans traiter les causes réelles de l’absentéisme.

Pour être efficace, la prime doit s’inscrire dans une politique globale de gestion des ressources humaines, avec un suivi régulier des données et des ajustements si les effets attendus ne sont pas au rendez-vous.

Comment mettre en place une prime d’ancienneté ?

Comme elle n’est pas obligatoire, la prime d’assiduité est élaborée à discrétion de l’employeur.

Quand elle est proposée dans une société, elle est généralement régie par un accord collectif ou imposée par la convention collective ou encore mentionnée dans le contrat de travail du salarié.

Quelle que soit sa forme, il est conseillé de formaliser son attribution par écrit. Cela évitera tout malentendu lors de possible litige.

Comment calculer la prime d’assiduité ?

La loi ne fixe pas de mode de calcul de la prime d’assiduité, c’est le texte adopté au sein de l’entreprise qui détermine les modalités de calcul et d’attribution.

Il faut savoir que le montant de la prime d’assiduité peut varier en fonction des absences de l’employé dans la mesure ou cela n’entraîne pas de situation de discrimination. Elle peut donc être réduite voire même supprimée.

Ainsi, l’employeur peut prendre en compte toutes les absences, sauf celles considérées comme du travail effectif.

La prime de présence n’est pas obligatoirement mensuelle. Elle peut être trimestrielle voire annuelle mais ce n’est pas recommandé car son impact motivant en est fortement réduit.

Automatiser ce calcul avec Factorial limite les erreurs manuelles et sécurise l’application des règles définies par l’entreprise.

Les absences pour maladie

Si le salarié est absent pour maladie, la prime d’assiduité peut être minimisée ou abrogée car ce type d’absence n’est pas considérée comme du travail effectif. Une bonne gestion des congés et absences est indispensable pour appliquer ces règles de manière homogène et éviter toute contestation.

D’ailleurs, cette prime est très souvent implantée par les entreprises pour limiter les arrêts maladie abusifs.

Notons également qu’une absence pour accident de travail ou maladie professionnelle peut causer une minoration ou une suppression de la prime.

Les absences pour cas de grève

Le droit de grève est légal et parfois difficile à gérer par les entreprises.

La diminution ou la suppression de la prime d’assiduité pour absence liée à la grève est possible à condition que toutes les absences, hormis celles qui sont légalement assimilées à un temps de travail effectif, entraînent les mêmes conséquences sur son attribution.

Dans le cas contraire, la réduction ou suppression de la prime constitue une discrimination permettant au salarié d’en réclamer le versement.

Le congé maternité et paternité

C’est un cas assez similaire à celui du cas de grève. Les absences pour congé maternité et paternité peuvent donner lieu à une réduction ou suppression de la prime d’assiduité.

Cependant, il est essentiel que les autres absences non assimilées à du temps de travail effectif soient aussi prises en compte.

Le temps partiel

Concernant les salariés à temps partiel, l’employeur peut décider de leur octroyer une prime d’assiduité similaire à ceux à temps plein.

Elle peut être versée intégralement ou au prorata en fonction de la durée du travail du collaborateur.

Exemple de calcul de prime d’assiduité

Comme nous l’avons vu, la prime d’assiduité est calculée en fonction du nombre de jours d’absence et de présence. N’appartenant à aucun cadre légal clairement défini, c’est à chaque entreprise d’en définir les modalités.

Par exemple, imaginons un employeur ayant créé une prime d’assiduité mensuelle de 100 euros. Partons du principe que la prime est réduite de 5 % par jour d’absence et supprimée à partir de 10 jours.

Ainsi, un salarié qui aurait eu un arrêt maladie d’une durée de 4 jours verrait sa prime d’assiduité diminuée de 20 %. Il ne toucherait alors que 80 € au lieu des 100 € initialement prévus.

S’il est absent plus de 10 jours, sa prime de présence sera supprimée. Elle ne sera donc pas versée lors du mois en question.

Ce type de système de rémunération a l’avantage de ne pas pénaliser les petites absences comme les jours de grève ou les absences pour événement familial. Le manque à gagner est minime. En revanche, cela évitera les absences trop longues et répétitives.

Prime d’assiduité et égalité de traitement entre salariés

La mise en place d’une prime d’assiduité ne peut pas se faire au détriment du principe d’égalité de traitement entre les salariés. Une entreprise ne peut pas réserver cette prime à certaines catégories de personnel sans justification objective et vérifiable. Toute différence doit reposer sur des critères précis, en lien direct avec la nature des fonctions ou les conditions de travail.

Ainsi, distinguer les salariés en CDI et en CDD, les cadres et les non-cadres, ou encore les équipes terrain et les fonctions support n’est licite que si cette distinction correspond à des contraintes réelles d’assiduité ou d’organisation. À défaut, la prime devient contestable et peut être requalifiée en traitement discriminatoire.

L’employeur doit donc être en mesure de démontrer que les règles d’attribution de la prime s’appliquent de manière cohérente à des situations comparables. Une prime d’assiduité mal calibrée expose l’entreprise à des réclamations individuelles, voire à des rappels de salaire si une inégalité de traitement est constatée.

La prime d’assiduité est-elle soumise à cotisation ?

Comme elle est accessoire au salaire, la prime d’assiduité est sujette à cotisation et contribution sociale.

Qui plus est, elle est même soumise à l’impôt sur le revenu et doit être prise en compte dans le calcul du prélèvement à la source.

Les alternatives à la prime d’assiduité

Au premier abord, la prime d’assiduité semble présenter de nombreux avantages. Mais son coût et sa motivation peuvent parfois rebuter. Les collaborateurs ne viennent plus au bureau par envie mais seulement par cupidité.

Une solution : ordonner des contre-visites médicales afin de parer aux arrêts abusifs des employés. Si l’arrêt de travail n’est pas justifié, vous pourrez suspendre l’indemnisation jusqu’à la fin de l’arrêt de travail.

Mais pour lutter efficacement contre l’absentéisme, il est préférable d’en identifier les causes et de se concentrer sur la qualité de vie au travail. En proposant des conditions professionnelles de qualité, vos salariés seront plus motivés à venir travailler.

Il existe également des alternatives à cette prime. La prime salarié ou la prime 13e mois semblent plus justes et visent également à récompenser l’assiduité et les performances des employés.

La prime d’assiduité doit être un complément motivant mais ne pas vous détourner des véritables raisons d’un absentéisme trop important. Trouvez les causes avant les conséquences.

S’appuyer sur un outil RH complet comme Factorial permet de passer d’une logique punitive à une gestion structurée et durable de l’assiduité.

Questions fréquentes

La prime d’assiduité est-elle versée en brut ou en net ?

La prime d’assiduité est versée en montant brut, comme toute prime assimilée à un élément de salaire. Elle est soumise aux cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu, ce qui signifie que le montant effectivement perçu par le salarié correspond à un net après charges, inférieur au montant annoncé. La différence entre brut et net dépend donc du statut du salarié et des taux applicables.

La prime d’assiduité peut-elle être supprimée une fois mise en place ?

Une prime d’assiduité ne peut pas être supprimée librement si elle est prévue par un contrat de travail, un accord collectif ou si elle est devenue un usage constant dans l’entreprise. Sa suppression impose alors le respect d’une procédure formelle, notamment une information préalable des salariés. En revanche, une prime issue d’un engagement unilatéral peut être remise en cause sous certaines conditions strictes.

La prime d’assiduité peut-elle devenir un usage obligatoire ?

Oui, une prime d’assiduité peut devenir un usage si elle est versée de manière régulière, générale et fixe dans le temps. Une fois qualifiée d’usage, l’employeur ne peut plus la supprimer ou la modifier sans respecter une procédure de dénonciation. À défaut, le salarié est en droit d’en réclamer le maintien.

Peut-on conditionner la prime d’assiduité à la ponctualité ?

Il est possible d’intégrer la ponctualité dans les critères d’attribution de la prime, à condition que les règles soient clairement définies et applicables à tous. Les retards pris en compte doivent être mesurables, objectifs et proportionnés. Une sanction automatique ou excessive liée à quelques minutes de retard expose toutefois l’entreprise à un risque de contestation.

Que se passe-t-il en cas d’entrée ou de départ en cours de période ?

En cas d’arrivée ou de départ d’un salarié en cours de mois ou de période de référence, la prime d’assiduité peut être proratisée. Cette proratisation doit être prévue explicitement dans le dispositif mis en place par l’employeur. En l’absence de règle écrite, toute retenue peut être contestée par le salarié.

Béatrice est senior content manager chez Factorial. Sa principale mission : vous inviter à venir, vous donner envie de rester et vous inciter à revenir. Elle a commencé son aventure dans les ressources humaines il y a environ 6 ans et ça continue ! Comme une voiture tout-terrain, elle raffole du hors-piste et n'hésite pas à se frotter à d'autres univers (elle était à une époque une commerciale acharnée qui négociait la vente de formations professionnelles).