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Congés payés BTP 2026 : droits, calcul et obligations

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Congés payés dans le BTP : droits, calcul et obligations en 2026

Avec plus de 1,5 million de salariés répartis entre le bâtiment et les travaux publics, le BTP reste l’un des secteurs les plus structurants de l’économie française. C’est aussi l’un des rares où les congés payés ne sont pas gérés directement par l’employeur.

Dans cette branche, c’est la caisse CIBTP qui centralise les droits, collecte les cotisations et verse les indemnités aux salariés. Un fonctionnement à part, encadré par pas moins de six conventions collectives nationales.

Et les choses bougent.

La loi DDADUE du 22 avril 2024 a profondément modifié les règles d’acquisition des congés pendant les arrêts maladie, tandis que deux arrêts de la Cour de cassation rendus le 10 septembre 2025 ont rebattu les cartes sur le report des congés et le calcul des heures supplémentaires.

Côté employeur, le taux de cotisation CIBTP est passé à 20,70 % au 1er janvier 2026.

Que vous soyez dirigeant d’une entreprise du BTP, responsable RH ou gestionnaire de paie, voici ce qu’il faut savoir pour rester en conformité cette année.


Comment fonctionne le système des congés payés dans le BTP ?

Le BTP fait figure d’exception dans le paysage social français.

Là où la plupart des entreprises gèrent elles-mêmes les congés de leurs salariés, ce secteur s’appuie sur un mécanisme de mutualisation piloté par les Caisses de Congés Intempéries BTP (CIBTP), des organismes paritaires régionaux à but non lucratif.

Le principe est simple sur le papier. Chaque mois, l’employeur verse une cotisation congés à la caisse de sa région, calculée sur la masse salariale brute.

En 2026, le taux s’établit à 20,70 %, contre 19,70 % l’année précédente. La caisse centralise ensuite les droits à congé de chaque salarié, toutes entreprises confondues, et lui verse directement son indemnité de congé environ dix jours avant son départ.

Pourquoi un tel système ? Parce que le BTP est un secteur où la mobilité entre employeurs est forte.

Un ouvrier peut enchaîner plusieurs chantiers chez différentes entreprises au cours d’une même année. Grâce à la portabilité des droits, ses congés le suivent d’un employeur à l’autre tant qu’il reste dans la profession.

À chaque fin de contrat, l’employeur est d’ailleurs légalement tenu de remettre un certificat de congés payés en double exemplaire.

Autre particularité importante : dans le BTP, les congés payés ne figurent pas dans le solde de tout compte.

C’est la caisse CIBTP qui indemnise le salarié, y compris après une rupture de contrat. Un fonctionnement qui peut surprendre les gestionnaires de paie habitués au régime général, et qui nécessite un logiciel de gestion des congés et absences capable de s’adapter à ces spécificités sectorielles.

Acquisition des congés payés BTP : combien de jours et comment les calculer ?

Premier réflexe à avoir : oublier le calendrier du régime général !

Dans le BTP, la période de référence court du 1er avril au 31 mars, et non du 1er juin au 31 mai.

Pour la campagne 2025-2026, les droits acquis entre le 1er avril 2024 et le 31 mars 2025 se consomment entre le 1er mai 2025 et le 30 avril 2026.

Le calcul reste classique dans son principe : 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, soit un maximum de 30 jours ouvrables par an (5 semaines).

Chaque période de 4 semaines travaillées ou tranche de 150 heures ouvre les mêmes droits. Pour approfondir la mécanique du calcul des congés payés, notamment la question des congés payés à virgule ou arrondis, les règles de base s’appliquent aussi au BTP.

Là où les choses ont changé, c’est avec la loi DDADUE du 22 avril 2024.

Désormais, un salarié en arrêt maladie non professionnel acquiert 2 jours ouvrables par mois, dans la limite de 24 jours par an (4 semaines).

C’est un virage majeur pour le secteur. Les arrêts pour accident du travail ou maladie professionnelle ouvrent droit, eux, à 2,5 jours par mois sans plafond de durée, l’ancienne limite d’un an ayant été supprimée.

Attention toutefois : toutes les absences ne se valent pas !

Les congés maternité, paternité, les arrêts AT/MP, la formation professionnelle ou encore les repos compensatoires sont assimilés à du travail effectif et ne réduisent pas l’acquisition.

En revanche, une absence injustifiée, une grève, une mise à pied ou un congé sans solde viendront grignoter le compteur. Et pour les salariés qui se demandent si le samedi est décompté des congés payés, la réponse dépend du décompte en jours ouvrables ou ouvrés adopté par l’entreprise.

Quand et comment prendre ses congés payés dans le BTP ?

La prise des congés dans le BTP obéit à un calendrier bien balisé par les conventions collectives.

Le congé principal, qui couvre la 1ère à la 4ème semaine, se pose obligatoirement entre le 1er mai et le 31 octobre. Le salarié doit prendre au minimum 12 jours ouvrables consécutifs (soit deux semaines) sur cette période, sans dépasser 24 jours ouvrables.

La 5e semaine, elle, se prend séparément.

Pour les ouvriers, c’est entre le 1er novembre 2025 et le 31 mars 2026.

Les ETAM et cadres disposent d’un mois supplémentaire, jusqu’au 30 avril 2026.

Impossible d’accoler cette 5ème semaine au congé principal sans l’accord de l’employeur. C’est une règle qui peut sembler rigide, mais elle reflète la réalité opérationnelle du secteur où l’organisation des chantiers ne tolère pas cinq semaines d’absence d’affilée.

Comprendre la différence entre RTT et congés payés aide d’ailleurs à mieux articuler ces différents temps de repos.

Côté employeur, la marge de manœuvre existe. L’entreprise peut imposer des dates de congés, notamment lors d’une fermeture annuelle estivale, pratique courante dans le BTP.

Mais cette décision suppose d’avoir consulté le CSE au préalable !

L’ordre des départs est fixé par l’employeur, et les salariés doivent communiquer leurs souhaits le plus tôt possible, idéalement avant le 1er avril pour les ETAM et cadres.

Une fois les dates actées, l’employeur ne peut plus les modifier à moins de deux mois du départ, sauf circonstances exceptionnelles.

Bref, piloter ces plannings à l’échelle d’une entreprise du bâtiment avec plusieurs équipes sur différents chantiers demande un vrai outil de gestion des équipes pour éviter les trous dans l’organisation.

Prime de vacances et congés supplémentaires : les avantages du BTP

C’est l’un des atouts méconnus du secteur. En plus de l’indemnité de congés classique, les salariés du BTP perçoivent une prime de vacances équivalente à 30 % de l’indemnité de congés payés.

Versée par la CIBTP en même temps que les congés, elle bénéficie chaque année à plus de 1,2 million de salariés.

Encore faut-il remplir les conditions : les ouvriers du bâtiment doivent justifier de 1 675 heures sur la période d’acquisition (1 503 heures pour un horaire de 35 h), contre 1 200 heures pour les ouvriers des travaux publics.

Les congés d’ancienneté ajoutent une couche de complexité, parce que les règles varient selon le statut :

  • Les ETAM et cadres obtiennent 2 jours ouvrables supplémentaires après 5 ans dans l’entreprise ou 10 ans dans le BTP, puis 3 jours au-delà de 10 ans en entreprise ou 20 ans dans la profession.
  • Pour les ouvriers du bâtiment, pas de jours en plus mais une compensation financière versée par la caisse.
  • Les ouvriers des travaux publics, eux, bénéficient de 2 à 6 jours selon leur ancienneté, de 20 à 30 ans dans le secteur.

Le fractionnement peut aussi générer des droits complémentaires. Jusqu’à 2 jours supplémentaires pour les salariés qui répartissent une partie de leur congé principal en dehors de la période estivale, sous réserve de remplir trois conditions cumulatives.

Et n’oublions pas les congés pour enfants à charge : des jours en plus accordés selon l’âge du salarié et le nombre d’enfants de moins de 15 ans vivant au foyer.

Quant au calcul de l’indemnité de congé elle-même, la CIBTP applique le mécanisme du double calcul.

Elle compare la règle du 1/10e de la rémunération brute annuelle avec le maintien de salaire, et retient le montant le plus favorable au salarié.

A savoir : depuis 2024, pour les congés acquis pendant un arrêt maladie non professionnel, la base retenue correspond à 80 % du salaire fictif. Un suivi précis du contrôle horaire facilite grandement la fiabilité de ces calculs, surtout quand les heures varient d’un chantier à l’autre

Les obligations de l'employeur : ce qui change en 2026

L’année 2026 n’est pas un long fleuve tranquille pour les employeurs du BTP !

Entre les évolutions législatives et les revirements jurisprudentiels, la liste des points de vigilance s’est sensiblement allongée.

Premier impact direct sur la trésorerie : la cotisation CIBTP passe à 20,70 % de la masse salariale brute. Cette hausse d’un point absorbe le coût de la prise en charge des congés acquis pendant les arrêts maladie non professionnelle, y compris l’effet de la rétroactivité prévue par la loi DDADUE depuis le 1er décembre 2009.

À cela s’ajoute la suppression progressive de la Déduction Forfaitaire Spécifique (7 % en 2026, contre 8 % en 2025), qui génère un surcoût supplémentaire pour les caisses et, in fine, pour les entreprises.

Côté gestion RH, l’obligation d’information post-reprise ne souffre aucune approximation.

Après un retour d’arrêt maladie, l’employeur dispose d’un mois pour informer le salarié du nombre de jours de congés dont il dispose et de la date limite pour les prendre. Un oubli ou un retard expose l’entreprise à des contentieux dont elle se passerait bien.

Deux arrêts de la Cour de cassation du 10 septembre 2025 imposent également de revoir certaines pratiques :

  1. Le premier reconnaît le droit au report des congés lorsqu’un salarié tombe malade pendant ses vacances, à condition qu’il ait notifié son arrêt à l’employeur. Fini la jurisprudence de 1996 qui refusait cette possibilité.
  2. Le second bouleverse le calcul des heures supplémentaires : les jours de congés payés doivent désormais être intégrés dans le seuil de déclenchement hebdomadaire. Dans un secteur où le recours aux heures sup est monnaie courante, l’impact financier peut être significatif.

Enfin, les sanctions restent dissuasives. L’article R. 3143-1 du Code du travail prévoit une amende de 1 500 € par salarié (3 000 € en cas de récidive) pour méconnaissance des dispositions relatives aux congés payés.

Des majorations de 1 % par mois s’appliquent en cas de retard de paiement des cotisations à la CIBTP.

Autant de raisons de s’équiper d’un outil de gestion de projets qui permet d’anticiper la planification des congés en lien avec les échéances de chantier.

Les congés payés dans le BTP, en deux mots !

Le fonctionnement des congés payés dans le BTP évolue vite, et les changements survenus depuis 2024 ne sont pas anodins.

Entre la nouvelle donne légale sur l’acquisition et décompte des droits pendant les arrêts maladie, le droit au report consacré par la Cour de cassation et la hausse du taux de cotisation, c’est toute la gestion des congés payés du secteur qui se transforme.

Pour les salariés de la filière construction, ces évolutions renforcent la protection sociale.

Le congé légal, le pécule de vacances, les avantages conventionnels liés à l’ancienneté ou aux enfants à charge constituent autant d’atouts qu’il serait dommage de laisser passer.

En cas de difficulté pour obtenir le montant de son indemnisation ou vérifier ses droits restants, chaque salarié peut contacter la caisse CIBTP de sa région, consulter son espace sécurisé en ligne sur le site caisse CIBTP, ou se rapprocher du réseau des CERC pour un accueil personnalisé.

Le certificat de congés payés, que l’employeur est légalement tenu de remettre au salarié en fin de contrat, reste le document clé pour justifier de ses droits auprès d’un nouvel employeur ou du dernier employeur connu.

A savoir : pensez aussi à conserver votre carte BTP et vos bulletins de paie dans un coffre numérique dématérialisé type Digiposte : en cas de litige, ces éléments feront foi.

Côté employeur, la situation impose une vigilance accrue.

L’obligation de déclaration auprès de la caisse, l’information du salarié après chaque reprise, la prise en compte des congés dans le calcul des heures supplémentaires, le respect du code du travail : chaque démarche administrative compte.

Dans un secteur où la conjoncture reste fragile et où le nombre de déclarations préalables à l’embauche recule, sécuriser sa conformité n’est plus une option.

Un logiciel RH accessible et adapté aux spécificités du BTP permettra de fiabiliser le suivi des droits, d’automatiser les attestations et de protéger l’entreprise contre le risque de redressement. Vous ne voulez pas louper le coche ? Testez sans tarder le logiciel RH Factorial !

Rédactrice RH freelance, je possède dix ans d’expériences professionnelles en tant que chargée de mission, puis consultante RH, au sein d’environnements variés de l’industrie, du service public de l’emploi et d'organismes de formation professionnelle continue. Ce parcours m’a permis d’aborder les thématiques liées à la GPEC, à la prospective RH et l'ingénierie de formations et d’accompagner les acteurs des territoires, les entreprises et les actifs dans la gestion des parcours et des compétences. Aujourd’hui, j’accompagne les différents acteurs de la chaîne de valeur RH à gagner en visibilité et à accompagner le changement, en produisant des contenus utiles et pertinents pour les professionnels RH et les actifs en transition.