Au cours de notre carrière, nous avons parfois besoin de temps pour respirer et s’occuper de projets qui nous tiennent à cœur. L’apparition récente du congé de respiration est une aubaine pour ceux qui veulent réaliser des activités extra-professionnelles.
Dans un contexte où seuls 8 % des salariés français se déclarent pleinement engagés – le taux le plus bas d’Europe selon le rapport Gallup 2025 – ce dispositif répond à un besoin criant d’équilibre entre vie professionnelle et épanouissement personnel.
Ce congé payé permet aux employés de prendre quelques semaines ou quelques mois pour s’adonner à un projet de leur choix. Cette démarche innovante est un pas vers une gestion des salariés toujours plus humaine.
Factorial vous en dit plus sur ce congé novateur et bon pour le bien-être au travail.
Le congé de respiration, c’est quoi ?
Derrière ce terme quelque peu trivial se cache un type de congé qui offre aux collaborateurs la possibilité de faire une pause pour se consacrer à des activités extra-professionnelles tout en touchant une partie de leur salaire, de 50 à 70 %.
C’est la société Orange qui a lancé cette initiative en 2021. Les salariés peuvent prendre ce congé de respiration pour se consacrer à une activité de mécénat, de coaching, de formation ou d’accompagnement d’entreprise.
L’objectif est de permettre aux salariés de voir autre chose et de reprendre leur mission après un trimestre ou même une année.
Ce congé sabbatique rémunéré pointe le bout de son nez dans plusieurs entreprises. Il a pour but d’offrir de meilleures conditions aux différents collaborateurs.
Après Orange, des groupes comme Accenture et BearingPoint ont adopté des dispositifs similaires, avec des modalités adaptées à leur culture d’entreprise. Il a pour but d’offrir de meilleures conditions aux différents collaborateurs.
Contrairement au congé sabbatique classique qui n’est pas rémunéré, le congé de respiration maintient une partie du salaire. Cette différence fondamentale le rend accessible à davantage de salariés, sans les contraintes financières d’une interruption totale de revenus.
Le bien-être au travail est aujourd’hui une préoccupation de tous les employeurs.
Les activités extra-professionnelles
Bien trop souvent confondues avec les loisirs et autres centres d’intérêts, les activités extra-professionnelles sont elles aussi des activités que les employés pratiquent sur leur temps libre en fonction de leurs aspirations personnelles.
Cependant, l’activité extra-professionnelle s’accompagne d’une responsabilité et engage celui qui la pratique.
Si un candidat A mentionne le cinéma comme centre d’intérêt, le candidat B qui réalise des courts-métrages pédagogiques exerce lui une activité extra-professionnelle.
Ces occupations doivent donc avoir une réelle valeur ajoutée. Elles doivent permettre au collaborateur de développer ses compétences et de se réaliser.
Parmi les projets généralement éligibles au congé de respiration, on retrouve :
- Le mécénat de compétences et les projets humanitaires, particulièrement valorisés dans le cadre des obligations RSE et CSRD pour les entreprises de plus de 500 salariés.
- L’accompagnement de start-up ou de PME.
- Les projets universitaires ou de recherche.
- Les formations qualifiantes, qui peuvent d’ailleurs être articulées avec le Projet de Transition Professionnelle (PTP) pour bénéficier d’un financement complémentaire.
- L’engagement associatif à forte implication.
Ces activités peuvent garantir l’épanouissement des salariés et augmenter leurs performances.
Le congé de respiration : pour qui ?
Le congé de respiration s’adresse généralement à toutes les personnes désireuses de faire un break. Elles veulent se dévouer à une activité extra-professionnelle.
Il est ainsi ouvert aux cadres, aux employés comme aux agents de maîtrise nourrissant des projets d’intérêt général.
En revanche, il est accordé aux salariés avec un certain nombre d’années d’ancienneté. Par exemple, il est de 10 ans chez Orange et de 5 ans chez Accenture.
Voici un comparatif des modalités selon les entreprises pionnières :
| Entreprise | Ancienneté requise | Durée | Rémunération |
| Orange | 10 ans | 3 à 12 mois | 70 % du salaire |
| Accenture | 5 ans | Quelques mois | 50 % du salaire |
| BearingPoint | Variable | 3 à 6 mois | 50 % du salaire |
L’idée est de récompenser les plus fidèles collaborateurs et leur offrir un second souffle.
Bien entendu, le type d’activité extra-professionnelle doit représenter une valeur ajoutée.
On pense ici à des projets de mécénat et humanitaires, des projets universitaires, des projets d’éducation ou encore d’accompagnement de start-up ou de PME.
Une certaine logique de développement de compétence, d’enrichissement culturel et personnel doit donc être respectée.
Le salarié conserve son contrat de travail pendant toute la durée du congé et bénéficie d’une garantie de retour à son poste ou à un poste équivalent. Cette sécurité distingue nettement le congé de respiration d’une démission ou d’une rupture conventionnelle.
Quels avantages pour l’entreprise ?
Le congé de respiration offre de nombreux avantages, que ce soit pour l’employé mais également pour l’employeur.
Permettre aux salariés de s’épanouir
Il y a quelques années de cela, les travailleurs ne prêtaient guère attention à leur état psychologique en entreprise. Seul le salaire comptait.
Aujourd’hui, les individus prêtent énormément d’attention à leur bien-être. Ils ont besoin de se sentir bien dans leur environnement professionnel et étudient scrupuleusement l’Employee Value Proposition de chaque société.
Ainsi, offrir le congé de respiration pour s’adonner à une activité extra-professionnelle est un moyen efficace pour participer à l’épanouissement de vos salariés.
Vous leur permettez de grandir et accordez de l’importance à leur équilibre mental.
Remotiver les collaborateurs
Grâce à cette pause, les collaborateurs peuvent reprendre du poil de la bête et retrouver de la motivation dans leurs missions quotidiennes.
La lassitude au travail est l’ennemi de la performance. Les chiffres du rapport Gallup 2025 sont éloquents : en France, seuls 8 % des salariés se déclarent pleinement engagés, contre 13 % en moyenne européenne. Le désengagement touche particulièrement les managers (-3 points par rapport à 2023), les jeunes de moins de 35 ans et les femmes.
Le congé respiration permet aux salariés éligibles de prendre du recul, de recharger les batteries et de revenir plus frais que jamais. La motivation revient, la volonté aussi.
Pour mesurer l’impact de ce type de dispositif sur l’engagement, un outil de gestion des performances permet de suivre l’évolution des collaborateurs avant et après leur retour de congé.
Fidéliser les salariés
La réalisation d’activités extra-professionnelles est un levier pour fidéliser vos employés. Ce type d’actions peut jouer un rôle prépondérant dans la gestion des carrières de vos collaborateurs.
Il est plus facile pour eux de se projeter dans une entreprise qui offre de telles opportunités aux individus.
En effet, ils savent pertinemment que la majorité des sociétés n’octroie pas d’avantages comme le congé de respiration. Une chance pour vous afin de vous démarquer de la concurrence et de retenir les meilleurs éléments.
Dans un marché de l’emploi tendu, où le coût d’un recrutement raté peut atteindre plusieurs mois de salaire, investir dans la fidélisation par ce type de dispositif représente un choix économiquement rationnel.
Attirer les talents
Les candidats prennent de nombreux critères en considération avant de choisir une entreprise. C’est notamment le cas de ceux qui ont plusieurs offres et l’embarras du choix.
Proposer le congé de respiration au sein de votre structure peut faire pencher la balance et vous permettre d’enrôler les meilleurs talents.
Vous sortez votre épingle du jeu et pouvez faire la différence, surtout lorsque la concurrence est rude.
Améliorer la marque employeur
Votre image compte énormément, encore plus quand il s’agit de recruter de nouveaux éléments.
Avec le congé de respiration pour réaliser des activités extra-professionnelles, vous améliorez votre marque employeur.
Vous développez votre réputation et êtes considéré comme une entreprise à dimension humaine. Un argument qui peut convaincre les hauts potentiels à rejoindre vos équipes.
Les projets de mécénat réalisés pendant ces congés peuvent également alimenter vos rapports RSE et contribuer à vos obligations CSRD si votre entreprise compte plus de 500 salariés.
Aider à l’élaboration du plan de carrière
Ce type de congé peut participer à l’élaboration du plan de carrière de vos collaborateurs. En effet, le congé de respiration est un moyen de prendre une pause et de repenser sa carrière.
Il est ainsi envisageable de se projeter au sein de l’entreprise sur du long terme. Effectuer une activité extra-professionnelle sur une période donnée peut s’intégrer au plan de carrière de chaque individu.
Cela deviendrait une étape, une échappatoire pour prendre le large et se reconstituer. L’objectif ? Donner un nouvel élan à sa carrière grâce à l’acquisition de nouvelles compétences !
Comment mettre en place un congé de respiration ?
Le congé de respiration n’étant pas encadré par le Code du travail, sa mise en place relève de l’initiative de l’employeur. Deux modalités juridiques sont possibles.
L’accord collectif (recommandé)
La voie privilégiée consiste à négocier le dispositif dans le cadre d’un accord d’entreprise, idéalement intégré aux négociations annuelles obligatoires sur la QVCT. Cette approche présente plusieurs avantages : elle implique les partenaires sociaux, sécurise juridiquement le dispositif et favorise son acceptation par les équipes.
L’accord doit préciser les critères d’éligibilité (ancienneté, catégories concernées), la durée du congé, le niveau de rémunération maintenu, les types de projets acceptés et les modalités de retour.
À noter : depuis la loi santé au travail de 2021, les entreprises de plus de 50 salariés ont l’obligation de négocier annuellement sur la QVCT, sous peine d’une amende de 3 750 € et d’un an d’emprisonnement en cas de non-respect répété.
La décision unilatérale de l’employeur
En l’absence de délégués syndicaux ou dans les petites structures, l’employeur peut instaurer le congé de respiration par décision unilatérale, formalisée dans une note de service ou une charte interne. Cette option offre plus de flexibilité mais présente une sécurité juridique moindre.
Bonnes pratiques de mise en œuvre
- Anticiper les absences dans la gestion prévisionnelle des emplois et compétences (GPEC).
- Définir un processus de candidature transparent avec des critères objectifs.
- Prévoir un accompagnement au retour du salarié (entretien de réintégration, mise à jour des compétences).
- Communiquer en interne pour valoriser le dispositif et les retours d’expérience.
Un logiciel de gestion des congés et absences facilite le suivi administratif de ces dispositifs atypiques et leur intégration dans la planification globale des effectifs.
Quelles alternatives au congé de respiration ?
Le congé de respiration n’est pas la seule solution de productivité et d’attractivité. Il fait partie d’autres types de congé que vous pouvez paramétrer dans un logiciel de gestion des congés.
Dans les années 60, le congé sabbatique a fait son apparition. D’une durée de 6 à 11 mois, il nécessite au minimum 36 mois d’ancienneté et 6 ans d’activité professionnelle. Principal inconvénient : il n’est pas rémunéré.
Il suspend le contrat de travail et offre la possibilité à un salarié de prendre du temps pour s’adonner à l’activité de son choix ou simplement se reposer.
Il existe d’autres types de congés comme le congé sans solde, souvent utilisé par les employés qui ressentent le besoin de faire un break tout en conservant leur emploi.
Le congé sans solde offre une flexibilité maximale ( sa durée est librement négociée avec l’employeur ) mais implique une suspension totale de la rémunération.
Le projet de transition professionnelle (PTP, ex-CIF) permet quant à lui de suivre des sessions de formation pour accéder à un niveau supérieur de qualification professionnelle ou pour développer de nouvelles compétences pour occuper un poste. Avantage majeur : la rémunération est maintenue et la formation financée.
Aussi, le congé pour engagement associatif utilisé pour prendre des jours de congé afin d’exercer une activité bénévole ou encore le congé d’enseignement ou de recherche pour enseigner ou exercer une activité de recherche et d’innovation sont des alternatives crédibles au congé de respiration.
Avec l’évolution des mentalités et l’importance du bien-être en entreprise, des solutions comme le congé de respiration tendent à se démocratiser.
Chez Publicis par exemple, les salariés ont le droit de télétravailler 6 semaines par an d’où ils souhaitent dans le monde avec le programme Work Your World.
Bon à savoir : dans le cadre des négociations QVCT obligatoires (loi santé travail 2021, ANI 2020), le droit à la déconnexion et accords sur congés flexibles complètent le congé de respiration.
La frontière entre vie professionnelle et épanouissement personnel n’a jamais été aussi fine.
Découvrez comment notre logiciel de gestion des congés vous aide à piloter tous les types d’absences, y compris les dispositifs innovants comme le congé de respiration

