Aller au contenu
Congés et absences

Le télétravail médical : tout ce qu’il faut savoir

·
9 minutes de lecture
Besoin d‘aide por gérer vos équipes?
Optimisez la gestion des temps et des activités sans perdre ni une seconde Découvrez Factorial
Article rédigé par

Lorsqu’un employé souffre de problèmes de santé qui l’empêchent d’exercer son activité professionnelle normalement, il peut bénéficier du télétravail médical.

L’aménagement de ses conditions de travail lui offre la possibilité de travailler depuis chez lui et de conserver son poste.

Mais en quoi consiste réellement le télétravail médical ? Comment ça marche exactement ? Qui peut en bénéficier et surtout, quelles obligations doit respecter l’employeur ? Découvrez notre guide complet.

Table des matières

  1. Qu’est ce que le travail médical ?
  2. Comment mettre en place le télétravail médical ?
  3. Qui peut en bénéficier ?
  4. Que dit la loi sur le télétravail médical ?
  5. Quelle sont les responsabilités de l’employeur ?
  6. Dans quel cas l’employeur peut-il refuser le télétravail médical ?
  7. Le télétravail médical : un enjeu stratégique pour la santé au travail en 2026
  8. Questions fréquentes : télétravail médical

Qu’est ce que le télétravail médical ?

Le télétravail médical, ou télétravail pour raison médicale, désigne une forme d’aménagement du travail accordée à un salarié dont l’état de santé ne permet pas d’exercer son activité dans les conditions habituelles.

Ce dispositif est mis en place pour protéger la santé du salarié et œuvre pour le maintien dans l’emploi.

Véritable alternative au congé maladie, il permet aux personnes souffrant d’un problème de santé ponctuel (ex : accident, convalescence, maladie temporaire), d’une pathologie chronique ou encore d’un handicap reconnu ou non de travailler depuis chez lui ou depuis un autre lieu extérieur à l’entreprise.

Le mi-temps thérapeutique constitue également un aménagement de poste complémentaire au télétravail médical. Il permet un retour progressif après un arrêt de travail.

Comment mettre en place le télétravail médical ?

La mise en place du télétravail pour raison médicale peut se faire de deux façons :

  • Sur demande du salarié : L’employé peut solliciter le télétravail pour raison médicale auprès de son employeur, en justifiant sa situation. Cette demande s’appuie généralement sur un certificat médical délivré par son médecin traitant.
  • Sur proposition du médecin du travail : Parfois, il arrive que ce soit le médecin du travail qui, lors d’une visite médicale, propose la mise en place du télétravail. Cette recommandation, souvent matérialisée par un certificat télétravail, est transmise à l’employeur, qui doit l’examiner avec sérieux.

Il est important de distinguer les deux sources de recommandation: seul le médecin du travail peut émettre une préconisation juridiquement opposable à l’employeur, en vertu de l’article L.4624-3 du Code du travail. Un certificat établi par le médecin traitant n’a, en revanche, aucune valeur juridique contraignante vis-à-vis de l’employeur et ne lui est pas opposable.

L’employeur n’est pas tenu d’accepter automatiquement la demande, mais tout refus doit être motivé et notifié par écrit au salarié et au médecin du travail, conformément à l’article L.4624-3 du Code du travail.

Qui peut en bénéficier ?

Tout salarié peut solliciter le télétravail médical, quel que soit son poste ou son contrat, s’il justifie d’un motif médical sérieux.

Exemples de cas fréquents :

  • Convalescence après une opération.
  • Traitement médical lourd mais compatible avec le travail.
  • Blessure accidentelle (fracture, entorse).
  • Maladies chroniques : diabète, cancer, maladies auto-immunes.
  • Femmes enceintes à risque.
  • Troubles psychiques (stress post-traumatique, dépression majeure).
  • Personnes vulnérables lors d’épidémies.
  • Salariés en situation de handicap (avec ou sans RQTH).

À noter : la compatibilité du poste avec le télétravail est essentielle. Certains métiers ne peuvent pas être exercés à distance (ex : manutention, accueil physique, soins).

Que dit la loi sur le télétravail médical ?

Même si le Code du travail ne mentionne pas le télétravail médical, les articles L.1222-9 à L.1222-11 posent certaines bases au sujet du télétravail.

Voici les points clés :

  • Le télétravail peut être mis en place à la demande du salarié avec l’accord de l’employeur.
  • En cas de recommandation du médecin du travail, l’employeur doit justifier tout refus, sous peine de méconnaître son obligation de sécurité.
  • Le salarié en télétravail bénéficie des mêmes droits que les autres salariés : rémunération, temps de travail, accès à la formation, droits collectifs.
  • L’accident survenu pendant le télétravail est présumé être un accident du travail, sauf preuve contraire.

L’accord national interprofessionnel (ANI) de novembre 2020 relatif à la mise en place du télétravail souligne également que ce dispositif peut être utilisé comme outil de prévention de la désinsertion professionnelle, notamment pour les salariés atteints d’une maladie chronique évolutive ou en situation de handicap.

De son côté, l’article L.4624-3 du Code du travail donne au médecin du travail le pouvoir de recommander des aménagements du poste, dont le télétravail. Un refus injustifié peut exposer l’employeur à un contentieux.

La jurisprudence récente renforce cette obligation. Par un arrêt du 13 novembre 2025 (n°24-14.322), la chambre sociale de la Cour de cassation a confirmé qu’un employeur ne peut pas refuser la mise en place d’un télétravail préconisé par le médecin du travail au seul motif que le salarié refuse une visite de son domicile. Un tel refus constitue un manquement à l’obligation de sécurité. Par ailleurs, la contestation de l’avis du médecin du travail devant le conseil de prud’hommes — possible dans un délai de 15 jours — n’a pas d’effet suspensif. L’employeur ne peut pas attendre le jugement pour mettre en œuvre la recommandation.

Enfin, la loi du 19 juillet 2023 a renforcé le droit au télétravail pour certains publics spécifiques, notamment les salariés aidants d’un proche malade, âgé ou handicapé.

Quelles sont les responsabilités de l’employeur ?

L’employeur a plusieurs obligations lorsqu’il accepte le télétravail pour raison médicale.

Il doit notamment :

  • Aménager le poste de travail à distance : ordinateur, accès réseau sécurisé, logiciels, ergonomie.
  • Préserver les droits du salarié : maintien du salaire, égalité de traitement, formation, titres-restaurant…
  • Respecter les recommandations du médecin du travail.
  • Garantir la sécurité et la santé du salarié, y compris en télétravail au titre de son obligation de sécurité.
  • Assurer un suivi régulier du salarié en lien avec le service RH ou le manager,

L’employeur est également tenu d’indemniser les frais supplémentaires liés au télétravail médical. Selon l’URSSAF, une indemnité forfaitaire peut être versée pour couvrir les frais d’occupation du domicile, dans la limite de 59,40 € par mois lorsqu’aucun accord collectif ne prévoit de montant spécifique. Un arrêt de la Cour d’appel de Paris du 21 décembre 2023 a confirmé cette obligation d’indemnisation même lorsqu’un local professionnel est mis à disposition du salarié.

Dans certains cas, l’entreprise peut proposer des alternatives comme la mise à disposition d’un espace de télétravail au sein de l’entreprise (bureau isolé), la location d’un bureau partagé (coworking), ou encore le réaménagement partiel du poste sur site. Tout ça, toujours dans le respect de l’état de santé de l’employé.

Pour faciliter le suivi des aménagements de poste et garantir la traçabilité des échanges avec le médecin du travail, les équipes RH peuvent s’appuyer sur un outil de gestion centralisé. Factorial permet de documenter les aménagements individuels, de planifier les visites médicales de reprise et de suivre les absences liées à l’état de santé, le tout depuis une interface unique accessible aux managers et aux RH.

En cas de non-respect de ses obligations, l’employeur peut engager sa responsabilité civile ou être sanctionné pénalement.

Dasn quel cas l'employeur peut-il refuser le télétravail médical ?

Il est tout à fait possible pour un employeur de refuser le télétravail médical. Pour cela, il devra fournir une justification solide.

L’employeur est tenu de motiver tout refus par des éléments objectifs comme une impossibilité technique ou organisationnelle, une incompatibilité du poste avec le travail à distance ou les risques que cela pourrait entraîner pour la pérennité de l’entreprise.

Un refus injustifié peut être contesté par le salarié, voire conduire à une action en justice de ce dernier.

À noter: lorsque l’employeur conteste la recommandation du médecin du travail devant le conseil de prud’hommes, cette contestation doit être introduite dans les 15 jours suivant la notification de la recommandation. Elle n’a pas d’effet suspensif. L’employeur reste tenu de mettre en œuvre la préconisation dans l’attente du jugement.

En revanche, si aucune recommandation médicale n’est faite, l’employeur est libre d’accepter ou non la demande.

Le télétravail médical : un enjeu stratégique pour la santé au travail en 2026 !

Aujourd’hui, il n’est plus possible de faire l’impasse sur le bien-être des salariés. Depuis la pandémie du Covid-19, le télétravail s’est grandement démocratisé.

Le télétravail médical s’inscrit pleinement dans cette dynamique, offrant une solution adaptée pour les personnes confrontées à des problèmes de santé, chroniques ou temporaires.

Le bien-être au travail et la santé des collaborateurs sont devenus des impératifs pour les employeurs et ce, pour plusieurs raisons :

  • Boost de la performance et de la productivité.
  • Réduction de l’absentéisme.
  • Attraction et fidélisation des talents.
  • Conformité avec la loi.
  • Image de marque et responsabilité sociale.

Les données le confirment: selon les statistiques compilées par la DARES (Ministère du Travail), 22 % des salariés du secteur privé pratiquaient le télétravail au moins une fois par mois au premier semestre 2024, avec une moyenne de 1,9 jour par semaine. Cette stabilisation après les pics de la crise sanitaire illustre l’ancrage durable du travail à distance dans l’organisation des entreprises françaises.

Le télétravail médical participe grandement au bien-être des employés, surtout ceux qui ont des problèmes de santé les empêchant d’exercer leur activité dans les meilleures conditions.

Questions fréquentes : télétravail médical

– Télétravail médical

Le télétravail médical est-il un droit automatique ?

Non. Même si le télétravail est recommandé pour raisons médicales, il nécessite l’accord de l’employeur. Toutefois, en cas de recommandation du médecin du travail, tout refus doit être motivé.

Le salarié doit-il fournir un certificat médical pour obtenir le télétravail ?

Oui, un justificatif médical est recommandé. Il peut s’agir d’un certificat du médecin traitant ou d’un avis du médecin du travail. Ce certificat télétravail permet d’étayer la demande auprès de l’employeur.

L’entreprise doit-elle fournir du matériel ?

En principe, oui. L’employeur doit s’assurer que le salarié peut exercer son activité dans de bonnes conditions, y compris en télétravail (ordinateur, logiciels, accès sécurisé…).

Le télétravail médical impacte-t-il le salaire ?

Non, le télétravail médical ne modifie pas la rémunération. Le salarié continue de toucher son salaire et de profiter de ses avantages sociaux.

Comment l’entreprise doit-elle informer les effectifs sur le télétravail médicalisé tout en préservant l’intimité du collaborateur ?

L’entreprise peut rappeler dans sa charte ou son règlement intérieur l’existence du télétravail médical sans mentionner de cas individuels. Toute communication collective doit rester générique et non personnalisée.

Les situations individuelles doivent être traitées dans la plus stricte confidentialité avec les RH ou la médecine du travail.

Rédacteur web freelance avec plus de 10 ans d’expérience, je rédige tout type de contenu et aide les entreprises à affirmer leur identité éditoriale. Grâce à ma maîtrise des techniques SEO, je développe et renforce leur présence sur la toile et les moteurs de recherche. Peu importe le sujet, ma plume s'exprime.