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Onboarding/offboarding

Rédiger une lettre de mise à pied : comment bien s’y prendre ?

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8 minutes de lecture
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La mise à pied conservatoire est une mesure provisoire prise par l’employeur lorsque le maintien d’un salarié dans l’entreprise pose un problème immédiat. Elle entraîne une suspension temporaire du contrat de travail, sans constituer une sanction disciplinaire en elle-même.

Cette mesure intervient le plus souvent dans un contexte de faute grave ou lourde présumée, en attendant l’issue d’une procédure disciplinaire. Elle obéit à un cadre précis, notamment concernant les conditions de recours, la durée limitée ou encore les conséquences sur la rémunération. Une mise à pied mal qualifiée ou mal notifiée peut exposer l’entreprise à un risque contentieux.

Qu’est-ce que réellement une mise à pied conservatoire, quand l’utiliser, comment respecter la procédure ? Comment rédiger une lettre de mise à pied conforme au droit du travail ? On vous dit tout !

Rédiger une lettre de mise à pied : les bonnes pratiques à suivre

La lettre de mise à pied conservatoire : un acte juridique à part entière

La lettre de mise à pied conservatoire ne se limite pas à informer le salarié d’une absence temporaire. Elle formalise une décision immédiate de l’employeur et encadre juridiquement la suspension provisoire du contrat de travail. À ce titre, elle doit être cohérente avec la situation reprochée et avec la procédure disciplinaire engagée.

Ce courrier marque le point de départ d’une phase sensible. Une formulation imprécise, une qualification maladroite ou un enchaînement mal maîtrisé des étapes peut fragiliser l’ensemble de la procédure.

Rappeler le caractère conservatoire sans préjuger de la sanction

La mise à pied conservatoire repose sur une logique de précaution. La lettre doit donc insister sur le caractère conservatoire de la mesure, sans laisser entendre qu’une sanction est déjà décidée. Il ne s’agit pas de qualifier définitivement les faits, mais d’indiquer qu’ils rendent impossible le maintien du salarié dans l’entreprise à ce stade.

Cette nuance est déterminante. Une lettre trop affirmative, ou qui évoque explicitement une faute établie, peut être requalifiée en sanction disciplinaire, avec un risque juridique réel pour l’employeur.

Indiquer les effets immédiats sur le contrat de travail

La lettre doit préciser que la mise à pied entraîne une suspension provisoire du contrat de travail, à compter de sa notification. Cela implique notamment l’absence du salarié de l’entreprise pendant la période concernée et l’interruption temporaire de l’exécution de ses fonctions.

En revanche, elle n’a pas vocation à trancher la question de la rémunération. Celle-ci dépendra de la décision finale prise à l’issue de la procédure disciplinaire. Introduire ce point trop tôt ou de manière imprécise peut créer de la confusion.

Articuler la lettre avec la suite de la procédure disciplinaire

Une mise à pied conservatoire n’a de portée que si elle s’inscrit dans une procédure disciplinaire engagée sans délai excessif. La lettre constitue une étape intermédiaire, appelée à être suivie rapidement par une convocation à un entretien préalable. Un décalage trop important entre les étapes peut conduire à une remise en cause de la mesure.

Ce cadre est fixé par le Code du travail :

  • L’article L1332-1 autorise la mise à pied conservatoire avant l’entretien préalable lorsque la situation le justifie, sans s’y substituer.
  • L’article L1332-3 encadre ensuite le délai de notification de la sanction, qui doit intervenir dans le mois suivant l’entretien.

La mise à pied conservatoire reste une mesure provisoire et n’a pas pour effet de suspendre ces délais.

Sécuriser la notification pour éviter toute contestation

Enfin, la lettre doit être notifiée dans des conditions permettant d’en prouver la réception. Remise en main propre contre décharge ou envoi en recommandé avec accusé de réception : le mode de transmission participe à la solidité juridique de la démarche.

Une lettre claire, factuelle et correctement notifiée, permet de :

  • Sécuriser la décision prise dans l’urgence.
  • Poser un cadre lisible pour la suite de la procédure, tant pour l’employeur que pour le salarié.

Procédure de mise à pied conservatoire : les 6 étapes clés et leurs conséquences pour le salarié

1️⃣ Une mesure indissociable de la procédure disciplinaire

La mise à pied conservatoire ne peut pas être utilisée isolément. Elle s’inscrit dans une procédure disciplinaire en cours ou à venir, généralement lorsque l’employeur envisage une sanction lourde, comme un licenciement pour faute grave ou lourde. Son usage suppose donc une réaction rapide et structurée.

Dès lors que la décision est prise, l’employeur doit engager la suite de la procédure dans un délai raisonnable. Une mise à pied conservatoire prolongée sans convocation à entretien préalable fragilise la mesure et expose l’entreprise à une contestation fondée.

2️⃣ La convocation à l’entretien préalable : une étape importante

Après la notification de la mise à pied conservatoire, le salarié doit être convoqué à un entretien préalable. Cette convocation marque l’ouverture formelle de la procédure disciplinaire et permet au salarié de prendre connaissance des faits qui lui sont reprochés, puis de présenter ses explications.

Le contenu de la convocation obéit à des règles précises, notamment sur les délais et les droits du salarié à se faire assister. Un décalage trop important entre la mise à pied et cette convocation peut être interprété comme une absence de nécessité réelle de la mesure conservatoire.

3️⃣ La suspension du contrat de travail pendant la période de mise à pied

Pendant la mise à pied conservatoire, le contrat de travail est suspendu. Le salarié cesse d’exécuter ses fonctions et n’est plus tenu de se présenter sur son lieu de travail. Cette suspension concerne également l’accès aux locaux, aux outils de travail et aux systèmes internes, lorsque cela est justifié par la situation.

La mise à pied conservatoire ne rompt pas le contrat. Elle fige temporairement la relation de travail dans l’attente d’une décision définitive.

4️⃣ Salaire et rémunération : une conséquence liée à la décision finale

La question de la rémunération dépend directement de l’issue de la procédure disciplinaire. Si un licenciement pour faute grave ou lourde est prononcé, la période de mise à pied conservatoire n’est pas rémunérée. À l’inverse, si aucune sanction de cette nature n’est retenue, le salaire correspondant à la période de suspension doit être versé rétroactivement.

Cette incertitude explique pourquoi la lettre de mise à pied conservatoire ne doit pas anticiper le sort de la rémunération. Toute prise de position prématurée peut créer une incohérence juridique.

5️⃣ Une durée limitée, liée au déroulement de la procédure

Aucune durée maximale n’est fixée par les textes. En pratique, la mise à pied conservatoire couvre le temps strictement nécessaire au déroulement de la procédure disciplinaire. Sa légitimité repose sur sa brièveté et sur la continuité des étapes engagées.

Une mise à pied qui s’étire sans justification objective peut être jugée abusive, même si les faits reprochés sont sérieux.

6️⃣ L’issue de la mise à pied conservatoire

À l’issue de l’entretien préalable, l’employeur prend une décision : licenciement disciplinaire, sanction différente ou absence de sanction. Cette décision met fin à la mise à pied conservatoire.

Si aucune faute grave ou lourde n’est retenue, le salarié est réintégré dans l’entreprise et la période de mise à pied est régularisée. La cohérence entre la mesure conservatoire initiale et la décision finale est souvent examinée en cas de litige.

Modèle de lettre de mise à pied conservatoire commenté

 

Objet : Mise à pied à titre conservatoire

L’objet du courrier doit mentionner explicitement le caractère conservatoire de la mesure. Une formulation imprécise peut entraîner une requalification en sanction disciplinaire.

Madame/Monsieur [Nom du salarié],

Une formule neutre est recommandée. Aucune appréciation personnelle ne doit apparaître.

Nous vous informons qu’en raison de faits qui nous ont été portés à connaissance et dont la gravité rend impossible votre maintien au sein de l’entreprise, nous avons décidé de vous notifier une mise à pied à titre conservatoire.

Les faits ne sont pas détaillés à ce stade. Le courrier constate une situation sans qualifier juridiquement la faute.

Cette mesure prend effet à compter du [date] et entraîne la suspension provisoire de votre contrat de travail jusqu’à l’issue de la procédure disciplinaire en cours.

La date de prise d’effet doit être clairement indiquée. La notion de suspension provisoire du contrat doit apparaître sans ambiguïté.

Cette mise à pied est prononcée dans l’attente de la décision qui sera prise à l’issue de la procédure disciplinaire engagée à votre encontre. Elle ne constitue pas une sanction disciplinaire.

Cette mention sécurise la qualification juridique de la mesure et rappelle son caractère non disciplinaire.

Vous serez prochainement convoqué(e) à un entretien préalable afin de pouvoir vous expliquer sur les faits qui vous sont reprochés.

La lettre annonce la suite logique de la procédure sans fixer de date, afin d’éviter toute incohérence de calendrier.

Nous vous prions d’agréer, Madame/Monsieur, l’expression de nos salutations distinguées.

[Nom et fonction du signataire]
[Nom de l’entreprise]

Points d’attention

  • La lettre ne doit pas préjuger de la décision finale.
  • Les faits sont exposés lors de l’entretien préalable, pas dans ce courrier.
  • La notification doit permettre de prouver la réception : remise en main propre contre décharge ou courrier recommandé avec accusé de réception.

FAQ — Mise à pied conservatoire : les réponses essentielles

Comment rédiger une mise à pied conservatoire ?

La mise à pied conservatoire doit être formalisée par un écrit clair et factuel. Le courrier mentionne explicitement le caractère conservatoire de la mesure, la date de prise d’effet et la suspension provisoire du contrat de travail. Il ne qualifie pas définitivement les faits reprochés et n’anticipe pas la sanction finale. La rédaction doit rester cohérente avec la procédure disciplinaire engagée et avec la suite prévue, notamment la convocation à un entretien préalable.

Comment doit être notifiée une mise à pied ?

La notification doit permettre de prouver la réception par le salarié. Deux modes sont admis en pratique :

  • La remise en main propre contre décharge.
  • Ou l’envoi par courrier recommandé avec accusé de réception.

Le choix du mode de notification participe à la sécurité juridique de la mesure, en particulier en cas de contestation ultérieure.

Quel est le délai maximum pour une mise à pied conservatoire ?

Aucun texte ne fixe de durée maximale. La mise à pied conservatoire couvre uniquement le temps nécessaire au déroulement de la procédure disciplinaire. Elle doit être suivie rapidement d’une convocation à entretien préalable, puis d’une décision. Une durée excessive ou une absence de suite peut conduire à une remise en cause de la mesure.

Louise est Content Specialist chez Factorial. Curieuse de nature, elle aime découvrir de nouvelles cultures, s’inspirer des tendances déco et suivre de près les évolutions du monde du travail et des RH. Toujours à l’affût de nouvelles idées, elle les transforme en contenus utiles et inspirants.