Accueillir des talents en stage est une opportunité précieuse, mais cela implique des obligations légales et financières précises. La rémunération du stagiaire en est l’élément central, encadré par des règles qui évoluent chaque année. Pour toute entreprise, maîtriser le calcul de la gratification, les avantages et les implications en paie est essentiel pour rester en conformité et bien gérer son budget. Cet article détaille tout ce que vous devez savoir pour 2026.
Le cadre légal du stage en entreprise : Rappel des éléments clés
Le stage en entreprise est défini et encadré par plusieurs textes de loi, notamment le Code de l’éducation et le Code du travail.
Il convient de bien comprendre ces dispositions pour garantir le respect des droits du (de la) stagiaire et les obligations de l’entreprise.
Qu’est-ce qu’un stage en entreprise ?
Le stage est une période temporaire de mise en situation en milieu professionnel au cours de laquelle l’étudiant(e) met en œuvre les acquis de sa formation en vue d’obtenir un diplôme ou une certification (art. L124-1 du Code de l’éducation).
La durée maximale du stage
La durée maximale du stage est de six mois (soit 924 heures) par année d’enseignement pour un même stagiaire dans une même entreprise (art. L124-5 du Code de l’éducation).
Ce plafond est calculé « en jours de présence effective » du (de la) stagiaire dans l’entreprise. Les périodes de suspension du stage (congés, absences…) ne sont pas comptabilisées.
La gratification minimale
L’employeur qui accueille un (une) stagiaire a l’obligation de lui verser une gratification minimale pour un stage de plus de deux mois, consécutifs ou non, au cours d’une même année scolaire ou universitaire (art. L. 124-6 du Code de l’éducation).
La gratification est due au-delà de la 308ème heure de stage, même si celui-ci est effectué de façon non continue.
Les conditions de travail lors d’un stage en entreprise
Le (la) stagiaire bénéficie des protections et droits accordés aux salariés.
Par exemple, la durée de travail ne peut pas dépasser la durée légale (art. L124-8 et L124-15 du Code de l’éducation) et l’employeur doit respecter les règles relatives à la santé et la sécurité au travail (art. L4121-1 du Code du travail).
L’obligation d’établir une convention de stage
Une convention de stage doit être signée entre le (la) stagiaire, l’établissement d’enseignement et l’entreprise.
Cette convention tripartite précise notamment l’objectif du stage, la durée, le montant de la gratification, les conditions de travail et les modalités d’encadrement du (de la) stagiaire (art. L124-3 et L124-6 du Code de l’éducation).
Gratification et avantages en nature
Outre cette rémunération, le (la) stagiaire peut aussi bénéficier d’avantages en nature. La gratification minimale est une obligation pour l’employeur accueillant une personne en stage pendant plus de deux mois. Au 1er janvier 2026, le montant minimum de la gratification est de 4,50 € par heure de présence effective. Ce montant est indexé sur 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale, qui est de 30 € en 2026.
Calcul de la gratification
Le montant minimal horaire de la gratification est fixé à 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale, soit 4, 50 € par heure en 2026 (art. L. 124-6 alinéa 1 du Code de l’éducation). Il est possible de convenir d’un montant supérieur, mais jamais inférieur. La gratification est versée mensuellement.
La gratification est calculée en fonction du nombre d’heures de présence effective par mois. Le calcul se fait ainsi : Nombre d’heures effectuées x montant minimal horaire
Pour illustrer ce calcul, voici deux exemples pour les mois de février et mars 2026 :
| Mois | Nombre de jours travaillés | Nombre d’heures travaillées (base 7h/jour) | Montant de la gratification (base 4, 50€/h) |
| Février 2026 | 20 | 140 | 630€ |
| Mars 2026 | 21 | 147 | 661, 50€ |
Le cas des avantages en nature sous forme de nourriture
Par exemple, pour le mois de février, le (la) stagiaire a droit à 80,20 € au titre de l’avantage en nature nourriture (4,01 € x 20 repas). Ce montant s’ajoute à la gratification de base.
La prise en charge des frais de transport
L’entreprise doit rembourser 50 % des frais de transport public du (de la) stagiaire pour le trajet domicile-lieu de stage, dans les mêmes conditions que pour les salariés. Cet avantage est exclu de l’assiette de calcul des cotisations sociales (art. L3261-2 du Code du travail).
Il est important de noter que ces avantages (transport, nourriture) s’ajoutent à la gratification et ne peuvent en aucun cas être déduits de celle-ci.
Les implications en paie de la gratification du (de la) stagiaire et des avantages
Tout versement effectué à un (une) stagiaire, qu’il s’agisse de la gratification minimale ou des avantages en nature, peut avoir des implications en termes de cotisations sociales.
En effet, le Code du travail et le Code de la sécurité sociale encadrent précisément ces aspects.
L’exonération de cotisations sociales
Elle n’est pas soumise à cotisations et contributions de Sécurité sociale (parts patronale et salariale) dans la limite de 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale, soit 4, 50 € par heure de travail depuis le 1er janvier 2026. C’est ce qu’on appelle la franchise de cotisations.
Par exemple, pour un mois de 140 heures de stage en février 2026, le seuil de la franchise est de 630 € (140h x 4,50 €). Si la gratification versée est de 700 €, seule la part excédentaire (700 € – 630 € = 70 €) sera soumise aux cotisations.
Le calcul des cotisations sociales
La part de la gratification excédant le seuil de franchise est soumise aux cotisations et contributions sociales applicables aux salaires, à l’exception de l’assurance chômage. Cela inclut notamment :
- Cotisations de Sécurité sociale (maladie, vieillesse…).
- La CSG et la CRDS.
- La cotisation pour les accidents du travail et maladies professionnelles (AT/MP), dont le taux est fixé par la loi.
Ces cotisations sont dues même si la gratification et les avantages en nature ne bénéficient pas du taux réduit de cotisations d’allocations familiales.
Toutefois, le (la) stagiaire n’étant pas un salarié, aucune contribution n’est due au titre de l’assurance-chômage, de la retraite complémentaire, de la contribution au dialogue social, ainsi que de l’AGS. e calcul de la paie pour les stagiaires, surtout en cas de dépassement de la franchise, peut vite devenir complexe. Un outil comme Factorial Paie automatise ces calculs, génère les fiches de paie conformes et assure que les bonnes cotisations sont appliquées, vous faisant gagner du temps et évitant les erreurs.
Toutefois, la personne en stage n’étant pas considérée comme salariée, aucune contribution d’assurance chômage n’est due, ni par l’entreprise, ni par le ou la stagiaire.
La législation sur les stages est complexe et peut avoir des conséquences non négligeables pour les entreprises.
Tableau récapitulatif de la rémunération des stagiaires en entreprise pour l’année 2026
Pour vous aider à y voir plus clair et pour bien gérer la rémunération de vos stagiaires, voici un tableau récapitulatif.
| Éléments de rémunération | Le principe | Montant 2026 |
| Gratification horaire minimale | Fixée à 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale | 4, 50€ / heure |
| Seuil d’exonération | Limite au-delà de laquelle la gratification est soumise à cotisations et contributions sociales | 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale soit 4, 50€ / heure |
| Avantages en nature nourriture | le (la) stagiaire doit bénéficier des avantages en nature nourriture dans les mêmes conditions que les salariés de l’entreprise | 5, 50€ par repas |
| Prise en charge des frais de transport | le (la) stagiaire a droit au remboursement de 50 % de son abonnement aux transports en commun | 50 % du coût de l’abonnement |
💡Ce tableau est un résumé général. Le montant exact de la gratification et des avantages en nature peut varier en fonction du nombre d’heures de présence effective du (de la) stagiaire dans l’entreprise et des spécificités du contrat de stage ainsi que des dispositions de la Convention collective.
Ce qu’il faut retenir de la rémunération des stagiaires en 2026
Tout stage d’une durée supérieure à deux mois doit donner lieu à une gratification minimale. En 2026, le montant de cette gratification est fixé à 4, 50 € par heure, correspondant à 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale.
À cela s’ajoutent des avantages en nature, notamment la nourriture et le remboursement partiel des frais de transport en commun.
Il est important de noter que la gratification versée aux stagiaires est exonérée de cotisations sociales jusqu’à un certain seuil, soit 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale.
Au-delà de cette limite, la part excédentaire est soumise à cotisations et contributions sociales.
FAQ
Quelle rémunération pour un stagiaire ?
Pour un stage de plus de deux mois, une gratification mensuelle est obligatoire. Son montant minimal est fixé à 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale, soit 4, 50 € par heure de présence effective en 2026, et peut être complété par des avantages en nature.
Est-il obligatoire de payer un stagiaire ?
Oui, le versement d’une gratification est obligatoire si la durée du stage dépasse deux mois, consécutifs ou non, au cours de la même année scolaire. En dessous de ce seuil, la gratification reste facultative pour l’entreprise.

